Contribution de Gilles Rémy à l’édition «Regards croisés» du business club franco-russe «Nouveaux horizons»

0Le business club « Nouveaux horizons » clôture son édition « Regards croisés » avec une contribution de Gilles Rémy, PDG de CIFAL Groupe. Découvrez son témoignage sur les perspectives post-Covid pour les entreprises françaises en Russie.

Retrouvez le texte sur le site du club d’affaires franco-russe « Nouveaux horizons » : www.nouveauxhorizons.org et ci-dessous :

COVID19 en France et en Russie : changements, opportunités et ouvertures pour les entreprises

Les échanges entre la France et la Russie ont subi, en raison de cette épidémie, un nouveau ralentissement. L’amélioration de la relation bilatérale entamée progressivement sur le plan économique et commercial dès 2016 et sur le plan politique depuis l’élection d’Emmanuel Macron sera freinée par les conséquences du Coronavirus. Mais cela ne doit pas occulter les tendances de fond.

La France, un partenaire à la diplomatie erratique

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la relation franco-russe a été soumise à des virages déconcertants, après une période chiraquienne de rapprochement entre nos deux pays. La diplomatie française a souvent varié. Elle est notamment passée respectivement d’une attitude arrogante et moralisatrice du ministre Kouchner et du Président nouvellement élu, voulant se distancier à de la politique vue comme prorusse de Jacques Chirac. Elle a paradoxalement évolué vers un dialogue dense entre les présidents Sarkozy et Medvedev, concrétisée par du développement d’une coopération économique et commerciale sans précédent, dans le domaine militaire notamment pour conduire à une stratégie de sanctions sans vision politique et d’achoppement sur l’ensemble des grands sujets internationaux sous la présidence Hollande. L’élection du président Macron a donné une impulsion nouvelle à notre relation bilatérale, mais qui manque aujourd’hui de substance, faute de grands sujets de coopération économique pouvant structurer cette relation nouvelle.

La France, troisième puissance commerciale de l’UE en Russie

Ces changements n’ont cependant pas eu de conséquences sur la présence économique et commerciale française en Russie. Si la France est le 1er investisseur français en Russie, si les exportations françaises sont en hausse constante après le choc des années 2014 – 2015, le niveau reste largement en deçà de la période 2012-2013. Le déficit commercial de la France avec la Russie reste significatif, 3 Mrds EUR en 2019. Malgré le travail remarquable de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe, de notre réseau diplomatique et des entreprises de commerce international, comme CIFAL, qui accompagnent les entreprises françaises en Russie, nos exportations (5,6 Mrds EUR en 2019 selon les douanes français) restent en deçà de nos concurrents allemands (25 Mrds USD) et italiens (10 Mrds USD), selon les douanes russes. La France est, en 2019, le 11ème partenaire commercial de la Russie, alors que l’Allemagne est le 2ème et l’Italie le 7ème.

La désintégration de notre tissu industriel français, l’inefficacité de notre politique industrielle et la lourde fiscalité étouffante pesant sur les entreprises françaises sont les principaux facteurs de la faiblesse de nos exportations auxquels s’ajoute la frilosité des banques françaises.

La question du financement des entreprises françaises en Russie

Les banques françaises, tétanisées par les sanctions extra territoriales américaines, n’accompagnent pas suffisamment nos entreprises exportatrices sur le marché russe. Les financements et les nouveaux outils de la BPI constituent toutefois une nouvelle donne qui peut partiellement compenser la frilosité de nos banques. En partenariat avec le RDIF, BPI finance notamment, à travers un fonds commun, des projets novateurs (ORPEA avec la construction de maisons de retraite, projets de DALKIA dans le secteur de l’efficacité énergétique et environnementale …). Ce sont des signes encourageants, mais insuffisants au regard des enjeux.

Quelle coopération franco-russe ?

La crise va amplifier une dynamique qui a déjà débuté avec les sanctions et les contre sanctions : la substitution aux importations. Cela constitue un défi nouveau pour nos exportateurs, toute stratégie commerciale sur le long terme doit s’appuyer non seulement sur un partenariat solide, mais aussi sur une localisation au moins partielle de la production sur le territoire russe. Les sociétés françaises doivent désormais renforcer leur développement commercial en Russie en associant financement, localisation de la production et force commerciale locale.

Dans un contexte où les missions d’affaires sont réduites, l’accompagnement des entreprises françaises par la Chambre de commerce et d’industrie ou par des sociétés de commerce international comme CIFAL dans le secteur industriel et sa filiale Centre France Export, DUALEST, dans le secteur santé/art de vivre, tous trois partenaires de Business France dans la Team France Export ou d’autres opérateurs économiques connaissant le terrain, les régions, le monde des affaires, le cadre légal et réglementaire sont un atout pour les sociétés françaises désireuses de développer leurs activités en Russie.

Connaître personnellement ses interlocuteurs, passer du temps avec eux pour les comprendre et créer une relation de confiance sont essentiels pour assurer, dans la durée, son développement en Russie. Cela concerne tous les secteurs d’activités, l’industrie ne fait pas exception.

L’industrie – vecteur d’une coopération durable

L’offre française dans le secteur industriel n’est pas aussi faible que certains la décrivent. Malgré la regrettable mais non inexorable baisse de notre production industrielle, nous disposons d’un tissu d’entreprises de qualité qui souhaitent se développer à l’export. Il existe une réelle complémentarité dans certains secteurs entre les besoins russes et l’offre industrielle française. Des synergies sont possibles à une plus grande échelle, l’industrie française disposerait de nouveaux débouchés et la partie russe est intéressée par des partenariats industriels lui permettant de monter en gamme.

L’enjeu nucléaire

Le nucléaire représente un enjeu particulier, dans notre relation bilatérale, une coopération est née entre nos deux pays, il y a près de 50 ans, mais n’a jamais développé son potentiel pourtant considérable. L’avenir du secteur nucléaire français dépend de sa capacité à établir un partenariat avec ROSATOM, qui est aujourd’hui l’acteur mondial majeur à l’export. Des coopérations sont possibles dans le financement, le design, la construction et l’opération des futures centrales. Les questions du combustible, de la modernisation du parc, de la gestion et du traitement des déchets sont des axes de coopération importants permettant de donner à notre coopération économique une dimension stratégique et constituer le socle d’une nouvelle relation économique bilatérale.

Les grands projets d’infrastructure et d’équipement

Au-delà de Moscou, où le potentiel est considérable compte tenu de la modernisation permanente de la capitale qui devient un centre international incontournable, les régions représentent un relais de croissance pour les entreprises françaises. Les régions russes développent leur action internationale, leur politique d’exportation, veulent attirer des investissements et des projets industriels ou commerciaux sur le long terme.

CIFAL travaille dans plusieurs régions russes en liaison avec les autorités et les entreprises locales, notamment sur le montage d’un projet hôtelier et de bureaux à Krasnoïarsk et d’un projet d’infrastructure à Vladivostok, dans le cadre du développement de la construction navale. De nombreux projets d’infrastructure peuvent inclure le savoir-faire et les technologies français : les secteurs portuaires, télécommunications, aménagements urbains, aménagements touristiques, notamment des zones de montagne.

CIFAL, présent en Russie depuis 70 ans, adapte en permanence ses prestations en fonction de conditions en constante évolution du marché russe en s’appuyant sur son expertise et la confiance de ses partenaires russes et français.

Turkménistan : participation de Jurgen Krahn, Directeur général de CIFAL Deutschland, à la session de la Commission intergouvernementale Allemagne – Turkménistan.

Humeur du moment

Le 23 janvier 2020, s’est tenue à Achgabat, la 9ème session de la commission intergouvernementale Allemagne-Turkménistan. La délégation allemande était conduite par Dr Franz, Chef du département de la politique étrangère au ministère allemand de l’économie et de l’énergie et a été reçue par Orazmyrat Gurbannazarow, Ministre du commerce et des relations économiques extérieures du Turkménistan. Jurgen Krahn était membre de la délégation allemande et a présenté plusieurs projets de coopération en cours, notamment dans le secteur pétrolier et gazier.

19 décembre 2019 : Gilles Rémy intervient au Forum Routes de la Soie à Marseille.

Les Conseillers du Commerce extérieur de la France (CCEF) ont organisé le 19 décembre à Marseille un forum sur la BRI, la Belt and Road initiative, lancée par XI Jinping en 2013. Plus de 300 participants venus de 60 pays ont échangé sur les enjeux pour la France et ses entreprises de ce gigantesque projet à 1 000 milliards de dollars. Gilles Rémy, PDG de CFAL et vice-président de la Commission Eurasie, a présenté la vision centre-asiatique de ces nouvelles Routes de la Soie dans un atelier régional dont il était également le modérateur.

Kazakhstan : CFE, filiale de CIFAL, référencée comme partenaire de Business France.

CFECentre France Export (CFE) devient l’un des deux partenaires retenus par Business France au Kazakhstan, suite à une consultation lancée après la fermeture de son bureau d’Almaty.

CFE est la filiale de CIFAL dédiée à l’accompagnement commercial des PME/PMI et des ETI françaises en Russie et dans les pays de la CEI. En juillet 2019, CFE a gagné l’appel d’offres lui permettant de devenir le correspondant unique de Business France en Russie dans le secteur industriel. En élargissant au Kazakhstan son partenariat avec Business France et Team France Export, CFE témoigne de son ambition d’être un acteur majeur dans le soutien des entreprises françaises sur les marchés de la CEI.

Gilles Rémy invité sur RT

A l’occasion de la venue de Vladimir Poutine le 19 août 2019 à Brégançon pour s’entretenir avec le Président Macron, Gilles Rémy, président-directeur général de CIFAL, se penche pour RT sur les relations économiques qu’entretient la Russie avec la France, l’Europe et le Moyen-Orient. En dépit des sanctions économiques qui pèsent sur le pays, notre expert rappelle qu’«aucune entreprise significative n’a quitté le marché russe».

Russie : CIFAL devient le partenaire stratégique de la Team France Export en Russie dans le secteur industriel.

De gauche à droite : Gilles Rémy, Président-directeur général de CIFAL ; Maxime Lariitchouk, Directeur général de CFE ; Sylvie Bermann, Ambassadeur de France en Russie ; Michel Lodolo, Directeur Zone Europe Centrale et Orientale, Business France

CIFAL vient de remporter un appel d’offres en tant que correspondant unique de Business France pour soutenir les entreprises françaises sur le marché russe dans le secteur de l’industrie. Il s’agit du secteur clé de la relation bilatérale ; le secteur « agrotech » a été confié à la Chambre de commerce franco-russe et le secteur « art de vivre – santé » à la société Dualest.

Pour répondre de la manière la plus efficace aux exigences de Business France, CIFAL a créé une structure et développé des partenariats dédiés : Centre France Export (CFE), en coopération avec Maxime Lariitchouk, ancien chef du pôle « industries » au sein du bureau de Business France de Moscou. Centre France Export s’appuiera en partie sur l’expertise sectorielle d’OSCI sous-traitantes.

Cette décision historique marque la reconnaissance, par le dispositif public français de soutien à l’export, de la qualité et du professionnalisme de CIFAL. C’est la première attribution d’un marché public de cette nature à une société privée.

Le Communiqué de Business France